De retour de Francfort, j'ai pu passer deux heures matinales en transit dans l'aéroport d'Abou Dhabi. de 6h à 8h du matin. Scène surréelle dans un satellite de cet aéroport au milieu du désert qui rappelle par son architecture Roissy-1. Étrange sensation de se retrouver face à une scène immuable, comme dans les gares du 19e, les foules se mêlent et s'entrecroisent sans jamais se rencontrer chacune rejoignant en hâte sa prochaine destination. Ici des européens de retour de vacances en Asie du Sud Est somnolent assis par terre la tête sur leurs sac-à-dos. Un groupe de japonais sort du terminal derrière un fanion bleu. Des chinois avec leurs masques anti-microbes immortalisent leur passage en se prenant en photo devant le lourd pilier bleu central. Quelques Abbayas font du lèche vitrine devant des sacs à mains de marque.
Il est étonnant de voir à quel point le transport aérien est entré dans nos habitudes alors qu'il était exceptionnel il a seulement quelques dizaines d'années. Je ne compte plus mes voyages en avion, d'un bout à l'autre de la planète, d'une compagnie à l'autre, les mêmes annonces de sécurité, le même rituel d'annonces pour le duty free, le programme fidélité. Existe-t-il encore quelqu'un qui n'ait pas pris l'avion ? Quelqu'un qui dont les yeux laisseraient percevoir l'admiration plutôt que la lassitude et la fatigue a l’idée de passer 8h écrasé entre deux sièges inconfortables ?
Note:
Depuis le 1er janvier j'ai pris 10 avions et parcouru 23 727 km.
J'y suis passé il y a quasiment 20 ans. A cette époque où, justement, il était encore inhabituel de prendre l'avion et où on pouvait le narrer comme n'importe quel souvenir de vacances. Et bien que le charme soit dissipé, je tiens toujours, à titre de souvenir, un petit carnet de mes vols...
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